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Il y a un siècle……le vote de la première Européenne

Cent ans de suffrage féminin en Finlande. Un anniversaire qu'il ne fallait pas manquer. Un siècle d’expression politique, cela méritait une célébration. Ou, mieux encore, un colloque international.

La Finlande se conjugue-t-elle uniquement au féminin ? Pas tout à fait, et l'obtention du droit de vote par les Finlandaises ne pouvait se commémorer sans rappeler la volonté des hommes dans cette affaire cruciale. Jusqu'en 1906, seulement un tiers des hommes finlandais avait le droit d'accès aux isoloirs. Après cette date, dans un pays en quête d'indépendance sous la domination russe, les choses vont vite. Plus que dans la plupart des autres pays européens. Jusqu'à la réélection en janvier dernier d'une présidente, Tarja Halonen, une autre première mondiale, à la tête d'un État dont l'assemblée compte 38% d'élues, et qui assurera la présidence de l'Union Européenne jusqu'à fin 2006.

Pourquoi tant de vitesse dans le Nord, pourtant réputé pour sa lenteur ? Peut-être parce que l’on n'aurait pas pu se passer de la contribution féminine dans ce pays, ancré dans une réalité rurale jusque dans les années soixante. Comme le veut un vieux dicton finnois, « il fallait que tout le monde souffle sur le même
charbon ».

En même temps, parler uniquement de la Finlande n'aurait pas été à la hauteur de cet anniversaire. C'est pourquoi l'université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines et ses deux laboratoires de recherche le « Centre des Régulations Politiques » et « Suds d'Amériques » ont ouvert ce colloque à une dizaine d'autres pays européens, ainsi qu'aux États-Unis et au Canada. Pour SUDs, qui a adopté une perspective comparativiste entre les histoires nationales des deux côtés de l'Atlantique, l'histoire des femmes et de la conquête de leurs droits ne se limite pas aux combats menés dans les pays anglo-saxons. Avec CARPO, il nous a paru naturel d'orienter les projecteurs également vers d'autres histoires politiques dont le rôle est parfois oublié.

Les chemins parcourus par les femmes depuis le silence jusqu'à la prise de la parole dans les isoloirs ont été semés d'embûches, parfois, comme dans l'Angleterre victorienne, dramatiques. Les pays où les suffragettes furent les plus militantes durent attendre souvent longtemps, alors que bien des pays perçus comme périphériques ont accordé aux femmes les droits politiques relativement tôt. Dès 1893, la Nouvelle-Zélande accepta le suffrage féminin, avant l'Australie en 1902. C'est en Finlande, à partir de 1906, que les femmes ont le droit d'être à la fois électrices et candidates.

Pourquoi autant de réticences à l'égard du suffrage féminin au centre de l'Europe, noyau concepteur de tant d'idéaux révolutionnaires ? Et pourquoi les pays périphériques, tels la Finlande, la Norvège et l'Islande, furent-ils les premiers à oser le suffrage réellement universel ? Les raisons des décalages dans la praxis politique seraient-elles à chercher plutôt du côté de la culture, parmi les mythes, allégories, icônes et autres symboles constitutifs de chaque nation ? Ces questions, et bien d'autres, relevées au cours du colloque du mois de novembre, se prolongeront à travers l’exposition « Perspectives sur les suffragettes », organisée à la Bibliothèque Universitaire jusqu'au 21 décembre.

Notre logo, l'éventail suffragiste, fut déniché dans une bibliothèque parisienne arborant le nom de Marguerite Durand, actrice, journaliste et archiviste qui œuvrait pour que la voix des femmes fût entendue en France.
Utilisé lors du « vote blanc » du 26 avril 1914 qui recueillit 500 000 voix favorables au suffrage des femmes, ce petit objet de propagande affiche le désir de révélation et de prise de parole. L'humour, une stratégie d'expression sans doute encore plus universelle que le suffrage, a évidemment sa place, lorsqu’il s’agit de dresser le portrait, multiple et (é)mouvant, de la femme politique moderne.
Taina TUHKUNEN
Maître de conférence, UFR des Sciences Sociales et des Humanités
taina.tuhkunen@sudam.uvsq.fr
 
 
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